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Bienvenue sur le site de la Société Théosophique de France

La Société Théosophique est un groupement non sectaire dont les buts sont:
 1)      Former un noyau de la Fraternité Universelle de l’Humanité sans distinction de race, credo, sexe, caste ou couleur ;
2)      Encourager l’étude comparée des religions, des Philosophies et des Sciences ;
3)      Etudier les lois inexpliquées de la Nature et les pouvoirs latents dans l’homme.
La Théosophie est la Sagesse qui soustend toutes les religions, au-delà de leurs dogmes et superstitions.
Sa devise : IL N'Y A PAS DE RELIGION SUPERIEURE A LA VERITE

La Théosophie a toujours été, depuis des temps immémoriaux, connue d'un petit nombre.
Ses enseignements aident à réaliser la nature spirituelle latente en chaque être humain, sans dépendance et sans peur. Ils démontrent que Justice et Amour guident le monde.


Les Trois Vérités du Lotus Blanc - John ALGEO

   Nous vivons à une époque de science et de technologie. Nous avons, au cours de notre existence, été les témoins d'un progrès scientifique et technologique d'une nature et d'une intensité jamais vues auparavant sur notre planète. Nous avons envoyé des sondes spatiales jusqu'aux limites du système solaire et au-delà. Nous avons dissocié l'atome et, ce faisant, déchainé des forces d'une énergie et d'un danger inimaginables. Nous avons mis au point des ordinateurs capables de faire en quelques secondes ce qui eût autrement demandé des années de travaux. Nous avons percé le code génétique contenu dans la molécule de protéine et pouvons ainsi créer de nouvelles formes de vie ; Il semblerait que nous nous soyons faits nous-mêmes les seigneurs de l'univers.

   Cependant, malgré tous ces progrès, nous ne sommes pas arrivés à résoudre quelques-unes des questions les plus difficiles que l'être humain puisse se poser. Nous qui avons fait tant de découvertes et d'inventions, comment en sommes-nous arrivés là, à mi-chemin notre l'infiniment petit du cœur de l'atome et l'infiniment grand de l'espace interstellaire ? Que pouvons-nous faire pour assurer notre survie et la continuation de notre développement sur cette terre verte au milieu des énergies potentiellement dévastatrices dont nous détenons la clé ? Quel est notre avenir en tant qu'individus et en tant qu'espèce ? Et ces questions ont-elles une importance pour l'univers qui nous entoure ? Avons-nous une importance quelconque hormis celle que nous nous accordons nous-mêmes ? Stephen Crane, écrivain américain, a écrit un poème qui soulève ce dernier point :
Un homme dit à l'univers
J'existe, Monsieur !
Et cependant répondit l'univers Ce
fait n'a pas créé en moi
Le sentiment d'une obligation !

   Pourquoi sommes-nous ici ? D'où sommes-nous venus ? Où allons-nous ? Et comment nous y préparons-nous ?

   Notre merveilleux progrès scientifique et technologique n'offre aucune réponse à ces questions ; aussi, les penseurs contemporains ont-ils rejeté ces questions comme sans importance ou irréelles. Mais leur importance est viscérale et éternelle. Nos ancêtres, dans la simplicité de leur technologie rudimentaire, se sont posé ces questions et y ont répondu. Pouvaient-ils savoir quelque chose que nous avons oublié ?

   Les peuples de l'ancien temps n'étaient pas aussi primitifs que nous le croyons quelquefois. Les gratte-ciels, qui sont la caractéristique des villes modernes, ne sont possibles que par suite de l'invention de l'ascenseur, et pourtant des ascenseurs étaient employés il y a plus de deux mille ans par les Romains. Nous associons la théorie de l'évolutions au nom de Charles Darwin, savant du XIXème siècle, mais l'idée d'évolution était courante en Orient, il y a des siècles de cela. On croit souvent que la conscience du temps et la mesure de son écoulement sont l'image de marque de la société moderne, mais les habitants de l'Amérique centrale avaient mis au point un calendrier qui était plus simple, plus régulier et plus exact qu'aucun de ceux qu'ont connus les civilisations européennes. Ils s'en servaient pour mesurer, aussi bien dans le passé que dans l'avenir, des cycles immensément longs, à une époque à laquelle, en Europe, certains hommes instruits croyaient encore que le monde avait moins de six mille ans.

   Mais les plus grandes découvertes de nos prédécesseurs ne furent pas du domaine de la science ni de la technologie. Elles concernaient plutôt le mental et l'âme de l'homme. Quelques fois, nous n'arrivons pas à comprendre ce que les anciens faisaient réellement. Nous tendons à penser que les alchimistes n'étaient que des chimistes égarées qui essayaient de changer le plomb en or. Mais la principale préoccupation des alchimistes qui pratiquaient leur Grand Œuvre dans la Grèce antique, en Chine, en Egypte, en Ide, et dans le monde arabe, n'était pas la transmutation en or des métaux vils. Leur principale préoccupation, pour reprendre les termes de l'ENCYCLOPAEDIA BRITANNICA, était de découvrir le rapport qui existe entre l'homme et le cosmos et d'exploiter ce rapport à son profit. Ils étaient, en conséquence, principalement intéressés par la transmutation intellectuelle : faire de l'or spirituel à partir du vil métal de nos personnalités. C'est là un but plus noble et plus important que la transmutation physique, et c'en est un qui peut nous aider à survivre aux dangers auxquels nous expose notre propre découverte de la réaction nucléaire.

   C'est donc spécialement dans les domaines de l'intellect et de l'esprit que les anciens nous ont damné le pion. En fait, on a dit de la philosophie occidentale qu'elle était une longue note au bas de l'œuvre de Platon. Les grands penseurs et les génies mystiques du monde hellénistique, du proche Orient, de l'Inde et de l'Extrême-Orient se sont posé, il y a longtemps, toutes les questions qui nous tracassent aujourd'hui à propos de la signification, l'origine et le but de la vie, et ils sont arrivés à des réponses que l'on n'a pas encore améliorées. C'est une grande chose de voyager dans l'espace extérieur du cosmos et de sonder l'espace intérieur de l'atome : c'est une chose encore plus grande de découvrir l'espace psychique qui est en nous. Il est bon de connaître le monde ; le mieux, ainsi que nous l'indique l'inscription de Delphes, est de se connaître soi-même.
La Théosophie, et la Sagesse traditionnelle

   La Théosophie considère toutes les religions comme également importantes et particulièrement adaptées aux diverses cultures dans lesquelles on les trouve. Chacune d'elles, de l'austère élégance du Bouddhisme zen à l'émotion extatique du Vaudou des Caraïbes, est une expression partielle d'une Vérité unique et répond aux besoins de ses adhérents.

   Toute religion possède à la fois un dehors et un dedans. Bien que l'un et l'autre soient naturels et nécessaires, les deux côtés sont très différents l'un de l'autre. Le dehors, c'est-à-dire le côté exotérique d'une religion, est ce que l'on prend habituellement pour la religion même. Il englobe les organisations confessionnelles et le clergé, les doctrines et les croyances, les rites et les pratiques, et tout ce qui indique à l'évidence qu'une religion est différente d'une autre. Ceux qui ne connaissent que le côté exotérique le considèrent comme la seule véritable foi et pensent que ce qui le distingue a une importance primordiale. Pour être « sauvé », il faut croire à Jésus, ou reconnaître Mahomet comme le seul Prophète, ou suivre le sentier du Bouddha. Les extrémistes croient que toutes les autres religions sont mauvaises, inspirées par le diable, ou qu'elles prennent leur source dans l'ignorance des barbares. Les plus tolérants soutiennent que les autres croyances ou bien sont erronées ou bien se limitent à une portion mineure de la Vérité. Mais, tolérants ou d'esprit étroit, ceux qui n'en connaissent que le dehors ne se rendent pas compte que leur religion comporte aussi un dedans qui est vital.

   On associe souvent le côté ésotérique d'une religion à ses mystiques ou à ceux que l'église exotérique considère comme hérétiques. Il traite les doctrines spéciales de la religion comme des énoncés limités et relatifs de la Vérité ultime que personne ne pourra jamais exprimer pleinement par des mots. Il considère les pratiques spéciales comme des expressions symboliques et utiles d'un chemin intérieur.

   Le côté ésotérique de la religion est entouré d'un certain secret, non parce que ses zélateurs ont envie de dérouter les autres mais parce que les mystères profondément enfouis dans l'âme de l'homme et qui sont au centre de la Réalité de l'univers ne peuvent pas être énoncés au moyen de mots intelligibles pour tout le monde mais doivent être suggérés par des paraboles et des métaphores. Ainsi que Jésus le disait à ses disciples :

   A vous (qui en avez fait l'expérience), il a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu mais, pour les autres (qui ne connaissent que les formes extérieures) cela leur est dit en paraboles. (Luc 8,10)

   On peut marcher sur le chemin de la religion intérieure, on ne peut pas le décrire.

   Ceux qui tiennent pour le côté intérieur de leur propre religion ont tendance à éprouver de la sympathie pour toutes les autres religions car ils reconnaissent qu'elles sont, elles aussi, des sentiers conduisant au même but. Tant qu'ils sont loin du but, les nombreux sentiers diffèrent grandement les uns des autres. Certains traversent pour ainsi dire en droite ligne de vastes plaines, d'autres escaladent des montagnes et suivent des vallées, quelques-uns suivent à travers d'antiques forêts des rivières sinueuses, d'autres ont des pistes presque effacées à travers le désert. Mais si différents que soient les sentiers à distance, à mesure qu'ils s'approchent de leur but commun, ils se rapprochent les uns des autres et se ressemblent davantage. Finalement, ils se confondent en une voie unique que l'on a appelé la Sagesse Traditionnelle, la Philosophie Eternelle, c'est-à-dire la Doctrine Secrète.

   Nous pouvons aussi penser à la Sagesse Traditionnelle comme à une vaste rivière souterraine qui coule invisible et ignorée de la plupart, mais qui est la source de l'eau vivifiante qui jaillit çà et là dans le paysage de l'histoire. Quelques-unes des résurgences qui en proviennent coulent assez longtemps pour irriguer une terre desséchée et puis, ne fois leur mission accomplie, se tarissent. Ce sont les mouvements religieux intenses mais de durée relativement courte comme le Monothéisme du pharaon égyptien Akhenaton au XIVème siècle avant Jésus Christ ou la Communauté médiévale des Cathares en France et en Italie. D'autres résurgences sont si abondantes et inondent une région tellement vaste que leurs eaux se répandent pour former de grands lacs et des mers. Dans ces cas, même si le courant de la source originelle est perdu, caché dans les profondeurs de l'eau qu'il a lui-même fournie, les immenses étendues d'eau demeurent pour réconforter et donner la vie à de nombreux peuples. Ce sont les grandes religions du monde comme l'Hindouisme, le Judaïsme, le Bouddhisme, le Christianisme et l'Islam.

   La théosophie moderne est aujourd'hui une résurgence de l'éternelle Sagesse Traditionnelle. Elle partage naturellement certaines croyances et certaines prises de position avec les autres expressions de la même Tradition car il n'y a après tout, qu'une seule eau, si différente qu'en soit le goût quand on la tire de puits différents.
Trois Vérités

   La Théosophie traite des êtres humains, de leur origine, de leur évolution et de leur destinée. On trouve un énoncé de ces idées dans les Trois Vérités tirées du livre L'IDYLLE DU LOTUS BLANC qui est un récit allégorique basé sur l'histoire. Le livre fut écrit il y a plus de cent ans par une Anglaise, Mabel Collins, qui est elle-même un personnage non dénué d'intérêt.

   Mabel Collins naquit en 1851 et mourut en 1927. Son père, Mortimer Collins, était un mathématicien et écrivain bien connu. En 1871, elle épousa Kenningale Robert Cook mais elle conserva son nom de jeune fille pour signer les nombreux livres qu'elle devait écrire.
   ...

   Les Trois Vérités ont d'abord été imprimées dans L'IDYLLE DU LOTUS BLANC et sont aussi citées dans LA LUMIERE SUR LE SENTIER dont on a dit que c'était un commentaire de ces Vérités. L'IDYLLE DU LOTUS BLANC raconte l'histoire, dans l'Egypte antique, d'un garçon appelé Sensa, grâce à la clairvoyance et à la sensibilité spirituelle duquel le clergé corrompu de la déesse noire a été renversé et le culte de la déesse de lumière, la Dame du Lotus Blanc, rétablie.

  L'histoire a été interprétée (par exemple par T. Subba Row, éminent Brahmane de XIXème siècle) comme le récit allégorique de l'âme se détournant des ténèbres de l'égoïsme pour aller à la splendeur de sa propre gloire intérieure. Interpréter, à la manière de Jung, les deux déesses comme des archétypes lumineux et obscur d'Anima constitue aussi une possibilité qui saute aux yeux. L'histoire peut même refléter une vie antérieure de l'Instructeur spirituel qui l'a inspirée. C'est, sans aucun doute, un mélange, selon des proportions variable, d'histoire, d'allégorie et de divertissement romancé.

   Les Trois Vérités sont celles, comme le dit T.Subba Row, qui sont sous-jacentes à toutes les religions.

 Voici le texte :

   L'âme de l'homme est immortelle et son avenir est celui d'une chose dont le développement et la splendeur n'ont pas de limites.

   Le principe qui donne la vie habite en nous et hors de nous ; il ne meurt jamais, il est éternellement bienfaisant, il ne peut être vu ni entendu ni senti mais il est perçu par l'homme qui désire la perception.

   Chaque homme est à lui-même, absolument, son propre législateur, le dispensateur de sa gloire ou de son obscurité, l'arbitre de sa vie, de sa récompense, de son châtiment.

   Ces Vérités, qui sont grandes comme la vie elle-même, sont aussi simples que l'esprit humain le plus simple.
...
Extrait du 'Le Lotus Bleu, Avril 1986'
 

                             LES FONDATEURS

H.P.Blavatsky
& H.S. Olcott

H.P. Blavatsky (von Hahn),  est née à Ekaterinoslav (Russie) en 1831. Elle était la petite-fille par sa mère de la princesse Elena Dolgorouki et descendait par son père des princes de Mecklembourg, naturalisés Russes depuis trois cents ans. En 1848 elle épousa le vieux général Blavatsky, vice gouverneur d’Erivan : ce fut un mariage blanc. Elle s’enfuit trois mois après et son père, comprenant que cette fille étrange échappait aux règles ordinaires, lui fournit des subsides et la laissa agir à sa guise.
Traversant le Caucase elle gagna Constantinople, puis l’Egypte et la Grèce et essaya en vain de pénétrer au Tibet. C’est à Londres en 1851 qu’elle vit dans un corps physique, le Maître qui veillait sur elle depuis son enfance. Il lui apprit qu’elle était l’instrument choisi pour constituer la Société Théosophique – instrument imparfait, mais le seul utilisable à cette fin. Hélena Blavatsky partit alors pour le Canada, le Mexique et les Indes. Elle pénétrait enfin en 1864 au cœur du Tibet et y rejoignait ses Maîtres aimés. Elle y travailla plusieurs années sous la direction de la Loge Blanche, la hiérarchie des adeptes qui guident l’évolution de l’humanité. Ils l’envoyaient dans le monde occidental pour ramener les esprits à l’étude de la Vérité et de la Sagesse antique.
En 1873 les communications occultes avec les Maîtres étaient établies et elle recevait l’ordre de partir pour l’Amérique. C’est là que fut fondée à New York le 7 septembre 1875 la Société Théosophique par H.P.Blavatsky et le colonel Olcott, W.Q.Judge, Mrs Britten et onze autres membres.
« Avant que ne commence le mouvement théosophique et pendant deux mille ans, depuis la décadence de la civilisation grecque, il n’y a eu en Europe ni une synthèse religieuse ni une synthèse intellectuelle qui puisse satisfaire un homme cultivé. Vie religieuse, vie artistique, philosophique, chacune à sa façon apportait son message, mais restait isolée dans sa sphère sans que rien les rattache l’une  l’autre. H.P.B. a fait jaillir de ses écrits cette grande synthèse qui unit les parties en un tout éblouissant de lumière, d’harmonie et de vie. (G West) » La Religion, la Science, la Philosophie et l’Art forment les branches du savoir qui seront rassemblées en un seul arbre gigantesque : l’Arbre de la Connaissance. (La vie d’Annie Besant – S.GLACHANT)

Henry Steel Olcott, est née à Orange, dans le New Jersey, USA, le 2 août 1832.
Lorsqu’un homme qui s’est fait un nom comme agronome, puis comme avocat de la ville de New-York, des grandes compagnies d’assurance, de l’industrie sidérurgique, etc. : qui préside la « National Insurance Convention » chargée de rédiger la loi sur les assurances, qui est proposé comme ministre des Finances des USA, qui est le correspondant le plus en vue des grands journaux américains que le Président des Etats-Unis n’hésite pas à recommander personnellement, renonce à sa famille, à tous les honneurs et à tous les avantages pécuniaires de sa situation et s’expatrie, il faut bien admettre que ce qui l’inspire est pour lui la Vérité.
    Sa passion semblait être d’exprimer ce qu’il voyait et ressentait avec une grande précision et sans complaisance. Aussi n’hésite-t-il pas à présenter H.P.Blavatsky, l’autre fondateur de la S.T. avec ses défauts, ses bizarreries, ses sautes d’humeur, son humour aussi et à mettre en garde contre l’adoration qu’on pourrait être tenté de lui porter. Cette impartialité est pour beaucoup une garantie de la véracité des propos du Colonel Olcott concernant les pouvoirs psychiques de H.P.Blavatsky.

Ce qui frappe dans cet homme honnête, loyal, doué d’un grand sens commun, généreux, fidèle et humoriste, c’est que toute son activité est un œuvre de pionnier : première incinération en Amérique, sous les sarcasmes d’une partie de la presse, première exposition de produits indiens, créateur d’écoles, de sociétés, de bibliothèques hindoues, élaborateur d’un plan technique à Baroda, éditeur de journaux pour enfants hindous, promoteur d’une Société de la femme indienne, créateur d’écoles pour hors castes, défenseur des hindous persécutés à Ceylan, sans parler de toutes ses œuvres pour vivifier l’étude du sanscrit et insuffler la fraternité dans les religions orientales et autres.

SUCCESSEURS ET PERSONNAGES MÉMORABLES:

Annie Besant
Annie (Wood) Besant est née le 1er octobre 1847 à Londres.  C’est le troisième personnage qui nous apparaît, lui aussi, comme un être tout à fait exceptionnel.
Tous les  problèmes sociaux sont familiers à Annie Besant. Elle est coéditeur du National Reformer,  membre du parti travailliste, des trade-unions, etc. Avec Hebert Burrow elle défend les intérêts des employées des fabriques d’allumettes dont le sort est particulièrement terrible. Elle est à la tête des mouvements en faveur du suffrage féminin, de l’égalité des droits de la femme et de l’homme. Elle participe aux discussions concernant les méthodes nouvelles d’enseignement : elle s’occupe des problèmes de logements, des repas scolaires, de l’abolition du travail à la tâche, de la réforme pénale et pénitentiaire, de l’antivivisection, etc. A lire cette énumération et à constater l’évolution actuelle de ces problèmes, on mesure le courage qu’il a fallu pour les aborder déjà dans la seconde moitié de l’avant dernier siècle.
   Annie Besant prend ainsi contact avec toutes les misères du monde. Elle s’incorpore à elles et c’est ce qui lui permettra toujours de parler avec l’autorité que donne l’expérience.
   Lorsqu’en 1889 le voile se déchire et que la théosophie lui apporte l’explication fondamentale des problèmes qu’elle cherche à résoudre, elle quitte le matérialisme,
 et toute la moisson d’expériences humaines qui est sienne, et la met avec ardeur et même avec passion, à la disposition des œuvres spirituelles et philanthropiques qu’elle entreprend.
  C’est par amour de l’homme concret qu’Annie Besant mystique abandonna sa foi chrétienne pour le servir dans le socialisme. Et c’est par amour de la spiritualité concrète qu’Annie Besant politicienne quitta le socialisme pour la Théosophie. La Théosophie n’a jamais été pour elle une théologie abstraite, objet d’une foi intellectuelle et affective, mais une synthèse biologique de l’esprit, une science, héroïquement expérimentée en elle-même et appliquée en tout instant, de cette vie divine, humanisée en nous, que théologies, philosophies et sciences se représentent diversement, et dont toutes nos histoires retracent le progrès.
Ce qui a attiré Annie Besant à la Théosophie n’était pas l’ampleur de son intuition métaphysique, c’était l’expérience, pressentie bien avant sa rencontre avec Mme Blavatsky, de la spiritualité, naturelle en même temps que divine, et concrète, qui est la vie de tous les hommes, et la conviction du droit qu’ont tous les hommes au service de ceux qui ont acquis la science de son évolution. 
La narration de ses luttes en faveur de l’Inde exigerait tout un volume. Le travail qu’elle fit pour la théosophie est incommensurable. Elle voua tous ses efforts aux recherches occultes, à l’enseignement, à la diffusion : dès qu’elle fut présidente, elle sembla avoir le don d’ubiquité – comme du reste presque tous les autres présidents. On la voit dans toutes les sections. Elle crée de nombreux mouvements sociaux et éducatifs.
On a dit d’elle qu’elle fut le plus grand orateur de son siècle. Son portrait serait incomplet si l’on n’ajoutait qu’elle a publié pas moins de 340 livres et brochures.

C.W.Leadbeater

C.W. Leadbeater, née le 17 février 1847 à Northumberland (Angleterre), a consacré, lui aussi, toute sa vie à la théosophie. Il a été le fidèle compagnon d’Annie Besant et l’instructeur de très nombreux théosophes, dont J. Krishnamurti. L’un de ses titres de gloire est sans doute de nous avoir, par ses nombreux livres, appris à connaître mieux la mort, les plans subtils, l’aura, etc.
   Cet occultiste nous a surtout appris le côté caché de la nature, l’ésotérisme des cérémonies religieuses et autres. Ses commentaires sur Aux pieds du Maître, etc., en collaboration avec Annie Besant, doivent être connus de tous ceux qui ont le tempérament mystique et qui désirent avancer dans la voie du disciple.
   Incalculable est le nombre de ceux dont la vie a été modifiée après lecture de ses ouvrages.
Ses derniers mots furent : « carry on » que l’on peut librement traduire par: « maintenez haut le flambeau ».

Jiddu Krishnamurti

J. Krishanmurti est né le 11 mai 1895 à Mandanapalle (Andhra Pradesh, Inde) de parents brahmanes mais peu fortunés. Un huitième enfant traditionnellement voué au Seigneur Krishna, Krishnamurti fut remarqué par des théosophes de Madras comme étant un enfant totalement dénué d’égoïsme. Très rapidement, Mme Annie Besant, alors Présidente de la Société Théosophique, l’adopta, l’entoura de personnalités de valeur qui le préparèrent en vue d’une visite qu’il fit en Angleterre en 1911, accompagné d’un frère plus jeune, très aimé. Plus tard il revint à Londres et y reçut une éducation générale assez poussée. Possédant l’anglais et le français, il commença, après la Grande Guerre, à devenir actif au sein de la mouvance de la Société Théosophique.
Être délicat et rempli de tact, Krishnamurti ne voulait d’aucune manière imposer à son auditoire la forme de son discours. D’où cette insistance à solliciter de cet auditoire, quel qu’il fut, une participation toujours accrue à l’étude qu’il conduisait avec lui. Are we together ? « Sommes-nous bien ensemble ?… Ce n’est pas la personne qui parle qui fait seule le travail ; c’est tous ensemble que nous avançons dans le sujet. » Ces remarques, il en ponctuait ses causeries, comme des rappels pour une plus grande vigilance de la part de l’auditeur, qui, toujours, a trop tendance à se laisser bercer par l’écoute et ainsi « reçoit la pluie » au lieu d’être lui-même à la fois la pluie et le terrain à irriguer.
Comme beaucoup d’êtres d’exception, c’est encore relativement jeune que les grandes lignes de son enseignement furent clairement formulées ainsi que le prouvent les conférences, les séminaires, les causeries qu’il donna jusqu’en 1929 ; en quelques mots celui-ci peut se résumer comme suit : se libérer des contraintes engendrées par l’appartenance aux races, nationalités, religions, classes, traditions, éducation, mais aussi annihiler la personnalité dont un des reflets majeurs est l’égoïsme, rechercher inlassablement la Vérité…et devenir par son propre entendement, son intuition, son éthique, ce que toute homme devrait être : un homme libre, autrement dit, un adulte.

Alfred Percy Sinnett (1840-1921)
Depuis 1872, A.P.Sinnett était Directeur du journal The Pioneer, quotidien le plus influent des Indes à cette époque, lorsqu’il apprit l’arrivée à Bombay, le 17 février 1879, des Fondateurs de la Société Théosophique, Mme Blavatsky et le colonel Henry Steel Olcott.
Très rapidement un contact fut établi et son nom devint intimement uni aux deux déjà cités. Ce fut chez les Sinnett, à Allahabad ou à Simla, que se produisirent les phénomènes que nous trouvons décrits dans « Le Monde Occulte ». L’ardent désir de  A.P.Sinnett fut de pouvoir échanger une correspondance avec les « Maîtres » de Mme Blavatsky. Celle-ci lui facilita ce contact et il en résulta un long échange épistolaire entre 1880 et 1884, échange qui permit d’une part l’exposition des enseignements contenus dans ces Lettres, ce fut « Le Bouddhisme Esotérique » qui parut en 1883, et d’autre part, mais après son décès survenu en 1921, la publication « verbatim » des « Lettres » elles-mêmes.
Président de la London Lodge, il devint, par deux fois, Vice-Président de la Société Théosophique mondiale.
Lorsqu’il adhéra à la Société en 1879 il jeta le poids de son autorité et de son prestige dans l’aventure entreprise par Mme Blavatsky et le Colonel Olcott. Il le fit avec un courage que nous apprécions difficilement aujourd’hui étant donné la position de premier plan qu’il occupait dans les sphères anglaises de l’Inde.

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