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Bienvenue sur le site de la Société Théosophique de France

La Société Théosophique est un groupement non sectaire dont les buts sont:
 1)      Former un noyau de la Fraternité Universelle de l’Humanité sans distinction de race, credo, sexe, caste ou couleur ;
2)      Encourager l’étude comparée des religions, des Philosophies et des Sciences ;
3)      Etudier les lois inexpliquées de la Nature et les pouvoirs latents dans l’homme.
La Théosophie est la Sagesse qui soustend toutes les religions, au-delà de leurs dogmes et superstitions.
Sa devise : IL N'Y A PAS DE RELIGION SUPERIEURE A LA VERITE

La Théosophie a toujours été, depuis des temps immémoriaux, connue d'un petit nombre.
Ses enseignements aident à réaliser la nature spirituelle latente en chaque être humain, sans dépendance et sans peur. Ils démontrent que Justice et Amour guident le monde.


TIM BOYD - Allocution pour le 38e Congrès Européen

   Le thème du Congrès Européen, La Théosophie - une voie vers la Conscience Universelle, est profond dans son humilité ; la conception de la Théosophie comme une voie, non comme la voie mérite une attention particulière de notre part. Si nous voulons être honnêtes avec nous-mêmes, nous devons demander : Que savons-nous vraiment de la Conscience Universelle ? Certes, dans l'histoire de la Société Théosophique nous avons eu des individus qui ont parlé à partir de leur expérience de ce stade développé : HPB, les Maîtres, J. Krishnamurti, N. Sri Ram, etc. Mais, réellement, qu'y a-t-il que l'on puisse dire de la Conscience Universelle ? Y a-t-il des mots pour la saisir, y a-t-il des concepts qui puissent la comprendre ? Je pense que non. Une voie qui conduit dans cette direction, c'est ce que nous pouvons en dire.

   Je vous livrerai deux affirmations, peut-être paradoxales. Après la mort de H.P. Blavatsky, on a trouvé cette phrase dans ses écrits non publiés : Il y a un chemin escarpé et épineux qui mène au cœur de l'univers. Des années plus tard, nous avons l'affirmation souvent citée de J. Krishnamurti selon laquelle la Vérité est une terre sans chemin. Ainsi d'un côté nous avons Blavatsky qui parle d'une route qui mène au cœur de l'univers et de l'autre, l'idée qu'aucun sentier n'existe. Il y a une route, et il n'y a pas de route. L'un est-il correct et l'autre incorrect ? Ou y a-t-il un sens plus profond ? Peut-être y a-t-il en fait une route qui mène à la Sagesse, qui mène à la Vérité. Mais la Vérité, la Sagesse, ou la Conscience Universelle, fondamentalement sont inexprimables et introuvables par les moyens ordinaires. Ce sont des questions qui nécessitent d'être posées dans un esprit d'humilité.

   Quand la Société Théosophique a été fondée en 1875, il y avait en Amérique un garçon de 9 ans. Il a été influencé jusqu'à un certain point par la Théosophie, mais aussi par le mouvement émergent de la Pensée Nouvelle basé sur les idées de Phineas Quimby, Emerson, Thoreau, et d'autres. Il finit par écrire un livre en 1897. Ce fut, et c'est encore, l'un des livres les plus lus de ce nouveau mouvement. Son nom était Ralph Waldo Trine, et le livre qu'il a écrit avait pour titre EN HARMONIE AVEC L'INFINI.

   Dans son livre, Trine donne un bel exemple qui, d'après moi, peut nous être utile pour réfléchir à la Conscience Universelle. Trine parle de l'un de ses amis qui avait une propriété à la campagne, dans laquelle se trouvait un bel étang couvert de lotus. Il se faisait un devoir d'inviter les autres dans ce bel endroit. Pour lui, tous étaient bienvenus pour partager la beauté et la paix de l'étang. Les abeilles et les animaux y affluaient, les fleurs s'y épanouissaient ; c'était un lieu de beauté et de paix. Cet étang était là grâce à un bassin d'eau situé plus loin. Entre le bassin et l'étang, il y avait une vanne qui contrôlait le flux de l'eau et que le propriétaire laissait ouverte pour alimenter l'étang.

   Vint le moment où ce gentilhomme dut partir en voyage pour un an. Il loua sa propriété à quelqu'un d'autre, mais qui était un homme « à l'esprit pratique ». Il ne se souciait guère de la beauté ou du surcroît de travail que représentait l'étang. Donc il ferma la vanne qui menait au bassin, et l'étang s'assécha. Les poissons moururent et commencèrent à sentir, et les abeilles et les oiseaux cessèrent de venir. Les enfants et les voisins qui venaient en visite, et les animaux qui se nourrissaient du ruisseau qui coulait de l'étang, arrêtèrent eux aussi de venir. L'exemple évoque le sentier dont nous parlons : la voie vers la Conscience Universelle.

   Dans la perspective des enseignements théosophiques, l'être humain peut être défini comme l'esprit le plus élevé et la matière la plus basse, liés par le mental. L'esprit qui est lointain, invisible, inconnaissable, c'est le bassin de l'exemple de Trine - la source de vie qui est toujours invisible, mais toujours présente. Le monde matériel de notre personnalité, de notre nature personnelle, c'est l'étang de notre beauté potentielle, ou l'étang asséché, nauséabond, stérile. Le facteur déterminant entre un lieu de beauté ou un lieu repoussant est la vanne, le mental. Tout le travail dans lequel nous nous engageons sur notre chemin vers la Conscience Universelle est totalement enraciné dans le travail qui est fait, l'ouverture que nous pratiquons de cette vanne qu'est le mental.

   Il y a un principe fondamental pour nous tous qui sommes impliqués dans ce que nous appelons le sentier spirituel. On peut le décrire de cette manière : il y a en nous une étincelle de la flamme divine, une étincelle de la Conscience Universelle. Quand nous reconnaissons la présence et la potentialité de cette étincelle, il nous est possible de l'attiser et d'en faire une flamme qui peut finalement brûler si brillamment qu'elle se réunit avec sa source. Le voyage que nous accomplissons est celui de la découverte de la manière dont nous l'accomplissons.

    Les fondateurs de la Société Théosophique étaient sages sur de nombreux points. L'un de ces points est que la Théosophie n'a jamais, ct jamais officiellement, été définie. Il n'y a aucune phrase ou aucun paragraphe officiel dont quiconque puisse dire qu'ils englobent cc qu'est la Théosophie. Parfois je le regrette, parce que cc serait plus facile qu'il y ait une définition tout prête et préemballée en trois phrases ou moins, mais, bien sûr, une telle chose n'est pas possible.

   Ceci dit, il est vrai qu'en certaines occasions, HPB a bien donné des définitions de ce qu'est la Théosophie. Il y en a deux en particulier que je voudrais partager pour notre réflexion. Une fois, elle a défini la Théosophie comme La Sagesse Sans Âge mise à l'épreuve et vérifiée par des générations de visionnaires et elle ajoutait que pour les paresseux mentalement, la Théosophie restera toujours une énigme. Cela semble très précis, mais est-ce que ça l'est ? L'une des choses que je trouve marquante est l'exigence qui est faite d'impliquer la composante mentale. La Théosophie restera toujours une énigme si on n'engage pas le mental, l'esprit, l'intellect pour approfondir la valeur qu'elle offre.

   Ainsi, si la Théosophie n'est pas constituée simplement de ses concepts, la base conceptuelle de la Théosophie est certainement importante. Dans la même définition, quoiqu'elle implique absolument l'intellect, la Théosophie est aussi davantage qu'une question de concepts, elle est basée sur l'expérience. Elle est « éprouvée et vérifiée Et où, dans quel laboratoire cette mise à l'épreuve est-elle faite ? L'expérimentation, qui conduit à la vérification des principes profonds incarnés dans la Théosophie, prend place dans le laboratoire de notre propre conscience.

   La seconde définition que Blavatsky a donnée de la Théosophie est plus brève. Elle dit qu'elle est l'altruisme en premier et avant tout. On se déplace vers une autre dimension. Dans cette définition, la compassion est la base de la Théosophie. Ainsi, concepts, expérimentation, altruisme, compassion, commencent à décrire quelque chose de cette théosophie qui est un chemin vers la Conscience Universelle. Ce n'est pas par hasard qu'HPB déclare dans LA VOIX DU SILENCE que la compassion n'est pas un simple attribut, mais la Loi des Lois. Ce sont des choses sur lesquelles il serait bon que nous réfléchissions.

   Cet arrière-plan posé, nous devons nous demander : quelle est notre tâche ? Quel est le travail que nous devons faire ? Aux États-Unis, il y a un poète qui est plus lu et dont les livres se vendent davantage que tous les autres. De façon surprenante, ce n'est pas un poète Américain. Il est né en Afghanistan au siècle. C'est le poète et maître mystique Jalal ad-Din Rumi. Il a dit quelque chose de remarquable pour les buts de notre réflexion sur la Conscience Universelle. Il dit : Votre tâche n'est pas de rechercher l'amour. Dans notre contexte, cet amour est synonyme de la Conscience Universelle qui est partout autour de nous. Donc notre tâche n'est pas de rechercher l'amour, mais de chercher et trouver chacune des barrières que nous avons érigées en nous contre lui.

   La Conscience Universelle, l'amour, la compassion, la Théosophie, quel que soit le nom, ne requièrent pas notre aide. Ils n'ont pas besoin d'amélioration, de mise au point, ou de révélation. La seule chose qui nous est demandée est de créer une ouverture à cette sagesse toujours présente, de la rendre connue à travers nous et en nous. Mahatma Gandhi a dit quelque chose de similaire, mais d'une manière différente. En parlant de l'histoire telle qu'elle nous est enseignée dans nos écoles et dans nos familles, il dit que l'histoire est l'enregistrement de chaque interruption dans le flux de la force de l'amour.

   Qu'avez-vous appris à l'école ? Les guerres qui ont eu lieu, les chefs qui ont pris le pouvoir, les cycles de l'économie qui ont oscillé de haut en bas, chaque interruption dans le flux de cette qualité profondément naturelle de notre être, nous l'appelons l'Histoire. Nous sommes capables de pervertir même les plus grandes voix qui viennent périodiquement pour faire l'expérience et porter le témoignage de cette Conscience Universelle. Parfois je me surprends à dire que la Société Théosophique est parfaite en tous points, le seul problème étant les théosophes : vous et moi. Pour réaliser quelque chose de cet Enseignement de la Sagesse qui est plus profond qu'aucune de nos capacités, nous faisons des tentatives en toute sincérité et du fond de notre cœur, mais nous le comprenons mal, maintes fois, mais nous Ie comprenons bien, aussi. Ainsi ce travail continue. Il y a une tâche, qui n'est pas de chercher cette Conscience Universelle, mais de nous y ouvrir. Et ensuite il y a le travail que nous devons faire. Donc, comment faisons-nous le travail d'ouverture ?

   Quiconque a lu les écrits de HPB a conscience de ce qu'elle était un grand défenseur de la valeur et du pouvoir de la méditation. Cependant, il n'y a presque nulle part où elle ait vraiment donné quelque précision sur « comment » méditer. Vers la fin de sa vie, quand elle était en Angleterre, elle a bien dicté ce qui nous est parvenu comme LE DIAGRAMME DE LA MÉDITATION. C'est un outil extrêmement puissant parce qu'il expose une approche très profonde de ce processus de cultiver l'esprit vers la Conscience Universelle. On doit y revenir encore et encore. On ne le saisira pas à première lecture.

   J'aimerais m'attarder sur un aspect de ce diagramme. Il commence avec l'affirmation que, d'abord, nous devons concevoir l'Unité, ce qui, évidemment, est impossible. L'Unité n'est pas quelque chose qui puisse être saisi par la conception d'un individu, mais la direction est indiquée : Concevez d'abord l'Unité par l'expansion dans l'Espace et l'infini dans le Temps. Donc la direction immédiate est celle de la suppression des barrières vers l'Unicité, l'Unité, ce que nous avons appelé Fraternité dans notre premier Objet. C'est la toute première affirmation. Puis elle dit que nous devons façonner l'état de notre conscience personnelle, en demeurant dans ce qu'elle décrit comme des choses que nous acquerrons et des choses que nous rejetons de notre conscience.

    Dans l'une des phases d'Acquisition : nous devons arriver à la seule perception, dans tous les êtres incarnés, de la Limitation. Tout ce qui a une incarnation est simplement une enveloppe qui nous cache l'universel. C'est une conscience dans laquelle elle dit qu'on doit persister, que tout ce que nous voyons ne fait que nous cacher sa nature universelle. Elle ajoute que le résultat en est une perception universelle de nous-mêmes et de notre relation avec le tout. Evidemment, il y a un grand intérêt à arriver à une relation qui est plus large que la nation, la race et la religion.

   Il n'y a rien de nouveau à dire que, dans le monde d'aujourd'hui, nous sommes confrontés à des problèmes sans nombre qui sont basés seulement sur ces identités séparatives que nous embrassons. Quoique nous imaginions que ces problèmes peuvent être résolus par des découvertes scientifiques ou des restructurations politiques, historiquement, nous découvrons que ce n'est pas vrai. Je cite souvent Albert Einstein, dont on sait qu'il a dit qu'on ne peut résoudre aucun problème au même niveau de conscience que celui dans lequel il a été créé. Pour chaque problème auquel nous sommes confrontés, des changements écologiques aux déséquilibres économiques, nous avons un savoir suffisant pour les aborder dès maintenant. Ce qui nous suggère que le savoir, de lui-même et en lui-même, n'est pas suffisant.

   Le message de la Société Théosophique est qu'il y a une Sagesse qui excède tout savoir, que la Sagesse existe non seulement en dehors, mais aussi au-dedans de nous, et qu'il y a une voie qui mène vers cette Sagesse. Dans le monde d'aujourd'hui, l'importance du mouvement théosophique n'est pas que nous aurions de meilleurs concepts que les autres organisations, ou que nous aurions des gens plus éminents et de plus grands penseurs que les autres. On trouvera l'intérêt et le but de l'effort de notre mouvement théosophique quand nous, en tant que membres, viendrons à réaliser ce que signifie l'Unité.

   C'est facile d'être debout sur une estrade et de parler de l'Unité, mais le travail qui y mène est celui de toute une vie. C'est le travail de chercher et de trouver les obstacles à la présence de la Conscience Universelle, de l'Unité, de la Fraternité. On peut commencer ce travail, mais il n'a jamais de fin.

     Il y a un livre de Jiddu Krishnamurti appelé LA PREMIÈRE ET DERNIÈRE LIBERTÉ. Certes je ne suis pas homme à contester Krishnamurti, mais il me semble qu'il serait plus pertinent de penser en termes de plus récente liberté, la plus récente barrière d'identité que nous avons été capables de reconnaître en nous. Evidemment, le temps dans lequel nous vivons est un temps de transition, et dans les transitions il y a nécessairement des confusions, et c'est une chose dont nous ne pouvons pas nous attendre de façon réaliste à l'arrêter dans un temps proche. Mais le rôle que nous avons est de créer, dans la brume du tumulte et du chaos, un centre dynamique d'individus qui ont touché, valorisé, et réalisé quelque chose de cette qualité profonde d'être.

   C'est l'intérêt de venir ensemble de temps en temps à des rassemblements théosophiques. Souvent, nous pensons que nous nous réunissons parce que cela nous est bénéfique individuellement, parce que quelque chose s'éveille en nous et que la communauté que nous partageons dynamise quelque chose en nous. Certainement cela arrive et c'est d'un grand intérêt. Mais il y a un but plus profond que nous accomplissons quand nous nous réunissons. Quand nous sommes capables d'être en harmonie, d'être en paix, nous fournissons un véhicule aux Grands Êtres qui se tiennent derrière notre mouvement - un véhicule par l'intermédiaire duquel leur énergie, leur vie, peuvent trouver leur expression et accéder à ce monde qui en a tant besoin. Gardons ces réflexions à l'esprit.

   Le point principal de notre mouvement théosophique est l'Unité, pour former le noyau, pour donner les moyens, la base pour que ce qui est au-delà de nous entre dans notre monde. Faisons un effort pour accomplir cela.

Congrès Européen 2017

                             LES FONDATEURS

H.P.Blavatsky
& H.S. Olcott

H.P. Blavatsky (von Hahn),  est née à Ekaterinoslav (Russie) en 1831. Elle était la petite-fille par sa mère de la princesse Elena Dolgorouki et descendait par son père des princes de Mecklembourg, naturalisés Russes depuis trois cents ans. En 1848 elle épousa le vieux général Blavatsky, vice gouverneur d’Erivan : ce fut un mariage blanc. Elle s’enfuit trois mois après et son père, comprenant que cette fille étrange échappait aux règles ordinaires, lui fournit des subsides et la laissa agir à sa guise.
Traversant le Caucase elle gagna Constantinople, puis l’Egypte et la Grèce et essaya en vain de pénétrer au Tibet. C’est à Londres en 1851 qu’elle vit dans un corps physique, le Maître qui veillait sur elle depuis son enfance. Il lui apprit qu’elle était l’instrument choisi pour constituer la Société Théosophique – instrument imparfait, mais le seul utilisable à cette fin. Hélena Blavatsky partit alors pour le Canada, le Mexique et les Indes. Elle pénétrait enfin en 1864 au cœur du Tibet et y rejoignait ses Maîtres aimés. Elle y travailla plusieurs années sous la direction de la Loge Blanche, la hiérarchie des adeptes qui guident l’évolution de l’humanité. Ils l’envoyaient dans le monde occidental pour ramener les esprits à l’étude de la Vérité et de la Sagesse antique.
En 1873 les communications occultes avec les Maîtres étaient établies et elle recevait l’ordre de partir pour l’Amérique. C’est là que fut fondée à New York le 7 septembre 1875 la Société Théosophique par H.P.Blavatsky et le colonel Olcott, W.Q.Judge, Mrs Britten et onze autres membres.
« Avant que ne commence le mouvement théosophique et pendant deux mille ans, depuis la décadence de la civilisation grecque, il n’y a eu en Europe ni une synthèse religieuse ni une synthèse intellectuelle qui puisse satisfaire un homme cultivé. Vie religieuse, vie artistique, philosophique, chacune à sa façon apportait son message, mais restait isolée dans sa sphère sans que rien les rattache l’une  l’autre. H.P.B. a fait jaillir de ses écrits cette grande synthèse qui unit les parties en un tout éblouissant de lumière, d’harmonie et de vie. (G West) » La Religion, la Science, la Philosophie et l’Art forment les branches du savoir qui seront rassemblées en un seul arbre gigantesque : l’Arbre de la Connaissance. (La vie d’Annie Besant – S.GLACHANT)

Henry Steel Olcott, est née à Orange, dans le New Jersey, USA, le 2 août 1832.
Lorsqu’un homme qui s’est fait un nom comme agronome, puis comme avocat de la ville de New-York, des grandes compagnies d’assurance, de l’industrie sidérurgique, etc. : qui préside la « National Insurance Convention » chargée de rédiger la loi sur les assurances, qui est proposé comme ministre des Finances des USA, qui est le correspondant le plus en vue des grands journaux américains que le Président des Etats-Unis n’hésite pas à recommander personnellement, renonce à sa famille, à tous les honneurs et à tous les avantages pécuniaires de sa situation et s’expatrie, il faut bien admettre que ce qui l’inspire est pour lui la Vérité.
    Sa passion semblait être d’exprimer ce qu’il voyait et ressentait avec une grande précision et sans complaisance. Aussi n’hésite-t-il pas à présenter H.P.Blavatsky, l’autre fondateur de la S.T. avec ses défauts, ses bizarreries, ses sautes d’humeur, son humour aussi et à mettre en garde contre l’adoration qu’on pourrait être tenté de lui porter. Cette impartialité est pour beaucoup une garantie de la véracité des propos du Colonel Olcott concernant les pouvoirs psychiques de H.P.Blavatsky.

Ce qui frappe dans cet homme honnête, loyal, doué d’un grand sens commun, généreux, fidèle et humoriste, c’est que toute son activité est un œuvre de pionnier : première incinération en Amérique, sous les sarcasmes d’une partie de la presse, première exposition de produits indiens, créateur d’écoles, de sociétés, de bibliothèques hindoues, élaborateur d’un plan technique à Baroda, éditeur de journaux pour enfants hindous, promoteur d’une Société de la femme indienne, créateur d’écoles pour hors castes, défenseur des hindous persécutés à Ceylan, sans parler de toutes ses œuvres pour vivifier l’étude du sanscrit et insuffler la fraternité dans les religions orientales et autres.

SUCCESSEURS ET PERSONNAGES MÉMORABLES:

Annie Besant
Annie (Wood) Besant est née le 1er octobre 1847 à Londres.  C’est le troisième personnage qui nous apparaît, lui aussi, comme un être tout à fait exceptionnel.
Tous les  problèmes sociaux sont familiers à Annie Besant. Elle est coéditeur du National Reformer,  membre du parti travailliste, des trade-unions, etc. Avec Hebert Burrow elle défend les intérêts des employées des fabriques d’allumettes dont le sort est particulièrement terrible. Elle est à la tête des mouvements en faveur du suffrage féminin, de l’égalité des droits de la femme et de l’homme. Elle participe aux discussions concernant les méthodes nouvelles d’enseignement : elle s’occupe des problèmes de logements, des repas scolaires, de l’abolition du travail à la tâche, de la réforme pénale et pénitentiaire, de l’antivivisection, etc. A lire cette énumération et à constater l’évolution actuelle de ces problèmes, on mesure le courage qu’il a fallu pour les aborder déjà dans la seconde moitié de l’avant dernier siècle.
   Annie Besant prend ainsi contact avec toutes les misères du monde. Elle s’incorpore à elles et c’est ce qui lui permettra toujours de parler avec l’autorité que donne l’expérience.
   Lorsqu’en 1889 le voile se déchire et que la théosophie lui apporte l’explication fondamentale des problèmes qu’elle cherche à résoudre, elle quitte le matérialisme,
 et toute la moisson d’expériences humaines qui est sienne, et la met avec ardeur et même avec passion, à la disposition des œuvres spirituelles et philanthropiques qu’elle entreprend.
  C’est par amour de l’homme concret qu’Annie Besant mystique abandonna sa foi chrétienne pour le servir dans le socialisme. Et c’est par amour de la spiritualité concrète qu’Annie Besant politicienne quitta le socialisme pour la Théosophie. La Théosophie n’a jamais été pour elle une théologie abstraite, objet d’une foi intellectuelle et affective, mais une synthèse biologique de l’esprit, une science, héroïquement expérimentée en elle-même et appliquée en tout instant, de cette vie divine, humanisée en nous, que théologies, philosophies et sciences se représentent diversement, et dont toutes nos histoires retracent le progrès.
Ce qui a attiré Annie Besant à la Théosophie n’était pas l’ampleur de son intuition métaphysique, c’était l’expérience, pressentie bien avant sa rencontre avec Mme Blavatsky, de la spiritualité, naturelle en même temps que divine, et concrète, qui est la vie de tous les hommes, et la conviction du droit qu’ont tous les hommes au service de ceux qui ont acquis la science de son évolution. 
La narration de ses luttes en faveur de l’Inde exigerait tout un volume. Le travail qu’elle fit pour la théosophie est incommensurable. Elle voua tous ses efforts aux recherches occultes, à l’enseignement, à la diffusion : dès qu’elle fut présidente, elle sembla avoir le don d’ubiquité – comme du reste presque tous les autres présidents. On la voit dans toutes les sections. Elle crée de nombreux mouvements sociaux et éducatifs.
On a dit d’elle qu’elle fut le plus grand orateur de son siècle. Son portrait serait incomplet si l’on n’ajoutait qu’elle a publié pas moins de 340 livres et brochures.

C.W.Leadbeater

C.W. Leadbeater, née le 17 février 1847 à Northumberland (Angleterre), a consacré, lui aussi, toute sa vie à la théosophie. Il a été le fidèle compagnon d’Annie Besant et l’instructeur de très nombreux théosophes, dont J. Krishnamurti. L’un de ses titres de gloire est sans doute de nous avoir, par ses nombreux livres, appris à connaître mieux la mort, les plans subtils, l’aura, etc.
   Cet occultiste nous a surtout appris le côté caché de la nature, l’ésotérisme des cérémonies religieuses et autres. Ses commentaires sur Aux pieds du Maître, etc., en collaboration avec Annie Besant, doivent être connus de tous ceux qui ont le tempérament mystique et qui désirent avancer dans la voie du disciple.
   Incalculable est le nombre de ceux dont la vie a été modifiée après lecture de ses ouvrages.
Ses derniers mots furent : « carry on » que l’on peut librement traduire par: « maintenez haut le flambeau ».

Jiddu Krishnamurti

J. Krishanmurti est né le 11 mai 1895 à Mandanapalle (Andhra Pradesh, Inde) de parents brahmanes mais peu fortunés. Un huitième enfant traditionnellement voué au Seigneur Krishna, Krishnamurti fut remarqué par des théosophes de Madras comme étant un enfant totalement dénué d’égoïsme. Très rapidement, Mme Annie Besant, alors Présidente de la Société Théosophique, l’adopta, l’entoura de personnalités de valeur qui le préparèrent en vue d’une visite qu’il fit en Angleterre en 1911, accompagné d’un frère plus jeune, très aimé. Plus tard il revint à Londres et y reçut une éducation générale assez poussée. Possédant l’anglais et le français, il commença, après la Grande Guerre, à devenir actif au sein de la mouvance de la Société Théosophique.
Être délicat et rempli de tact, Krishnamurti ne voulait d’aucune manière imposer à son auditoire la forme de son discours. D’où cette insistance à solliciter de cet auditoire, quel qu’il fut, une participation toujours accrue à l’étude qu’il conduisait avec lui. Are we together ? « Sommes-nous bien ensemble ?… Ce n’est pas la personne qui parle qui fait seule le travail ; c’est tous ensemble que nous avançons dans le sujet. » Ces remarques, il en ponctuait ses causeries, comme des rappels pour une plus grande vigilance de la part de l’auditeur, qui, toujours, a trop tendance à se laisser bercer par l’écoute et ainsi « reçoit la pluie » au lieu d’être lui-même à la fois la pluie et le terrain à irriguer.
Comme beaucoup d’êtres d’exception, c’est encore relativement jeune que les grandes lignes de son enseignement furent clairement formulées ainsi que le prouvent les conférences, les séminaires, les causeries qu’il donna jusqu’en 1929 ; en quelques mots celui-ci peut se résumer comme suit : se libérer des contraintes engendrées par l’appartenance aux races, nationalités, religions, classes, traditions, éducation, mais aussi annihiler la personnalité dont un des reflets majeurs est l’égoïsme, rechercher inlassablement la Vérité…et devenir par son propre entendement, son intuition, son éthique, ce que toute homme devrait être : un homme libre, autrement dit, un adulte.

Alfred Percy Sinnett (1840-1921)
Depuis 1872, A.P.Sinnett était Directeur du journal The Pioneer, quotidien le plus influent des Indes à cette époque, lorsqu’il apprit l’arrivée à Bombay, le 17 février 1879, des Fondateurs de la Société Théosophique, Mme Blavatsky et le colonel Henry Steel Olcott.
Très rapidement un contact fut établi et son nom devint intimement uni aux deux déjà cités. Ce fut chez les Sinnett, à Allahabad ou à Simla, que se produisirent les phénomènes que nous trouvons décrits dans « Le Monde Occulte ». L’ardent désir de  A.P.Sinnett fut de pouvoir échanger une correspondance avec les « Maîtres » de Mme Blavatsky. Celle-ci lui facilita ce contact et il en résulta un long échange épistolaire entre 1880 et 1884, échange qui permit d’une part l’exposition des enseignements contenus dans ces Lettres, ce fut « Le Bouddhisme Esotérique » qui parut en 1883, et d’autre part, mais après son décès survenu en 1921, la publication « verbatim » des « Lettres » elles-mêmes.
Président de la London Lodge, il devint, par deux fois, Vice-Président de la Société Théosophique mondiale.
Lorsqu’il adhéra à la Société en 1879 il jeta le poids de son autorité et de son prestige dans l’aventure entreprise par Mme Blavatsky et le Colonel Olcott. Il le fit avec un courage que nous apprécions difficilement aujourd’hui étant donné la position de premier plan qu’il occupait dans les sphères anglaises de l’Inde.

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