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Bienvenue sur le site de la Société Théosophique de France

La Société Théosophique est un groupement non sectaire dont les buts sont:
 1)      Former un noyau de la Fraternité Universelle de l’Humanité sans distinction de race, credo, sexe, caste ou couleur ;
2)      Encourager l’étude comparée des religions, des Philosophies et des Sciences ;
3)      Etudier les lois inexpliquées de la Nature et les pouvoirs latents dans l’homme.
La Théosophie est la Sagesse qui soustend toutes les religions, au-delà de leurs dogmes et superstitions.
Sa devise : IL N'Y A PAS DE RELIGION SUPERIEURE A LA VERITE

La Théosophie a toujours été, depuis des temps immémoriaux, connue d'un petit nombre.
Ses enseignements aident à réaliser la nature spirituelle latente en chaque être humain, sans dépendance et sans peur. Ils démontrent que Justice et Amour guident le monde.


Le Premier But de la Société Théosophique - Par Tim BOYD, Président International de la Société Théosophique

   La Société Théosophique a trois Buts déclarés, le premier étant le plus important : Former un noyau de la Fraternité Universelle de l'Humanité, sans distinction de race, de croyance, de sexe, de caste ou de couleur. Le deuxième et le troisième sont également importants, mais ils sont liés tous deux au premier. Il semble que l'on mette l'accent sur le fait que l'Unité peut être comprise de différentes manières. Quand le Premier But fut affiché pour la première fois en 1875, les temps étaient différents de ce qu'ils sont maintenant. Si l'on se replonge dans le contexte de l'époque où ces idées firent leur apparition, la Fraternité Universelle était un concept révolutionnaire.

   Lorsque la Société fut fondée en 1875 à New York, l'esclavage n'était aboli aux États Unis que depuis dix ans. Dix ans auparavant, les lois du pays autorisaient quelqu'un à acheter une autre personne d'ascendance africaine et à la traiter comme n'importe quelle autre composante de sa propriété - comparable à un cheval, une vache, ou un cochon. C'était un défi que d'introduire en ce temps-là une idée selon laquelle : Sans distinction de race ou de religion, il y a une Fraternité Universelle entre les hommes. Pour partie, la réintroduction de la Théosophie et les débuts de la Société Théosophique avaient pour mission de préparer le terrain pour l'avenir.

   H.P. Blavatsky a dit clairement que la sagesse qu'elle était venue partager pouvait ne pas être comprise de son vivant. En fait, elle disait qu'il faudrait encore une centaine d'années avant que ces idées ne commencent à être intelligemment discutées. Des avancées dans les connaissances et la conscience humaine étaient nécessaires. Quelqu'un devait planter les graines de cette croissance future, et H.P.B. eut assez de « malchance » pour être choisie et jouer ce rôle. Ce fut une malchance du point de vue personnel, en raison de la configuration qui se met en place toutes les fois qu'une idée nouvelle quelle qu'elle soit est introduite.

   Que ce soit en sciences ou dans tout autre domaine, la première réponse à une idée nouvelle et à la (aux) personne(s) qui la porte(nt) est d'abord sa mise à l'écart pure et simple. Les idées ou les méthodes qui prévalent sont si enracinées qu'il n'ay a aucun doute, au départ, sur le fait que cette nouvelle idée soit erronée : il n'est même pas question d'en parler. Mais à mesure que l'idée commence à démontrer sa valeur, la réponse qui suit est également toujours la même. On lui résiste et on l'attaque, parfois avec violence. Encore une fois, ce processus aboutit toujours au même résultat. Une fois que l'idée a fait ses preuves et a pris racine dans la conscience populaire, tout le monde en parle comme d'une telle évidence qu'il n'est même plus question de la remettre en cause. Nous voyons cela dans tous les domaines.
   Albert Einstein était un génie qui développa les théories de la relativité générale et de la relativité restreinte, lesquelles changèrent complètement le mode de pensée et la vision scientifique de l'humanité. Il fallut un certain temps avant qu'elles soient comprises, et un certain temps pour qu'elles soient acceptées. Mais elles étaient si claires et irréfutables que ce nouveau système prit racine relativement vite.

   Du vivant d'Einstein, un autre paradigme scientifique novateur fut introduit quand se développèrent les idées, étranges en apparence, de la physique quantique. Aujourd'hui, ces théories sont probablement celles qui ont donné lieu au plus grand nombre d'expérimentations et de vérifications au cours de l'histoire. Parce qu'elles parlent des briques dont l'univers est construit d'une manière qui ne cadre pas avec notre esprit logique et notre façon ordinaire de voir les choses, elles remettent en cause la façon dont nous concevons le monde. L'idée de hasard, en particulier, était quelque chose qu'Einstein ne pouvait accepter. C'était un homme brillant - un génie - mais il ne pouvait accepter cette nouvelle vague de pensée qui entrait en conflit avec sa manière habituelle de concevoir l'univers.

   Dans un débat célèbre entre Einstein et Neils Bohr, une des figures de proue de la physique quantique à l'époque, Einstein fit cette fameuse remarque : Dieu ne joue pas aux dés avec l'univers. C'était une expression de son refus d'envisager la possibilité d'un hasard intrinsèque dans ce qu'il croyait être un univers ordonné. La réponse de Neils Bohr à Einstein, tout autant pleine d'esprit, nous est moins familière : Qui est M. Einstein pour dire à Dieu ce qu'il doit faire ?

   H.P. Blavatsky se trouva dans cette position de devoir introduire des idées qui constataient si nettement avec les croyances ordinaires qu'elle en paya le prix tout au long de son existence. Aujourd'hui, partout dans le monde, des pays ont inscrit dans la loi qu'il ne peut y avoir de discrimination entre les hommes en raison de leur race, de leur religion, caste etc. En 1948, les Nations Unies adoptèrent la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, qui utilise les termes de notre Premier But. Les mouvements pour les droits humains et civils ont été codifiés dans des lois. L'idée, si ce n'est la réalité et la compréhension plus profonde de la fraternité, est en place. Par ce changement nécessaire, au moins en surface, il devient possible de considérer le premier But avec davantage de profondeur. On parle de quelque chose qui se situe au-delà des lois, ou même de la simple conscience qu'il faut traiter quelqu'un avec gentillesse parce que la couleur de sa peau ou sa religion sont différentes. Malgré tout, tant qu'il n'y a pas changement en surface, il est difficile d'en explorer les aspects plus en profondeur.

   Les deux hommes qui reçurent la plupart des lettres des Mahatmas, A.P. Sinnett et A.O. Hume, étaient britanniques et très représentatifs de leur temps. Ils eurent l'impression de connaître bien mieux le monde que les Mahatmas. Dans leur esprit, il était clair que le monde se composait d'êtres supérieurs et d'êtres inférieurs : et pour eux, bien sûr, la civilisation et la culture britanniques étaient supérieures. En dépit de cela, ces deux hommes furent utilisés pour essayer d'approfondir la compréhension du mouvement théosophique. La signification profonde de la Fraternité Universelle de l'Humanité était pour eux difficile à saisir. Nous avons tous un regard différent, des registres de désirs différents, nous parlons des langues différentes - où est l'unité ? Radha Burnier a dit une fois : La raison pour laquelle je crois être différente de vous c'est parce que, quand je dis à ma main de bouger, elle bouge, mais quand je dis à votre main de bouger, rien ne se passe. Ceci et tant d'autres facteurs confirment notre conviction d'être séparés.

   Plus tard dans sa vie, H.P.B. fit une déclaration intéressante au sujet de la Société Théosophique et de son travail. Elle dit deux choses. La première relative à l'implantation des concepts théosophiques en l'homme. H.P.B. dit que la Société Théosophique avait été « un énorme succès » depuis sa fondation. Si nous réfléchissons, il est remarquable de constater à quel point les idées que la Société Théosophique fit connaître à l'Occident, comme le karma, la réincarnation, l'unité de la vie et la nature multidimensionnelle de l'être ont pénétré en profondeur dans la conscience globale. Aux Etats Unis, on peut faire la queue au rayon légumes et entendre les gens parler de karma, de réincarnation etc. Aujourd'hui, partout dans le monde, des pays ont ajouté ces mots dans le dictionnaire. Grâce à l'influence de la S.T., il existe aujourd'hui un langage partagé pour envisager ces graves questions. En ce sens, la S.T. fut un énorme succès.

   La deuxième chose qu'H.P.B. dit à propos de la S.T. et de son travail, c'est qu'elle avait aussi été « un terrible échec ». Vue de l'extérieur, un succès, mais du strict point de vue du Premier But - former le noyau de ceux qui sont capables de voir la nature spirituelle de la Fraternité plus en profondeur - en ce sens elle eut l'impression que la S.T. avait échoué. En tant qu'êtres humains, nous avons tendance à nous accrocher à ces choses qui nous installent dans le confort ; et l'illusion la plus confortable que nous entretenons est l'idée qu'H.P.B. qualifia d'« hérésie de la séparativité ». D'une certaine façon, nous ne pouvons nous en défaire. C'est parfaitement compréhensible. Pourquoi ? Parce que tout, à chaque instant, semble confirmer que, en fait, nous sommes tous séparés les uns des autres.

   Albert Einstein déclara qu'il n'y a pas de problème qui puisse être résolu au niveau de conscience où ce problème a été créé. Dans le monde d'aujourd'hui, environ 60 guerres font rage en divers points du globe. La violence organisée est un phénomène mondial. Quelle solution avons-nous donné au problème de la violence tout au long de l'histoire ? Notre approche a été d'éteindre une violence de moindre ampleur en lui opposant une violence plus importante.

   Notre réponse au problème se situe au même niveau de conscience où ce problème a été créé, et nous obtenons le même résultat. Quand la mise en œuvre d'une capacité de violence plus importante fait cesser la guerre, nous appelons cet état « la paix ». Il est difficile d'imaginer que des parents ayant perdu des enfants dans cette violence se sentent en paix, ou qu'à l'instant où cet étouffement temporaire de la violence cessera, elle ne surgira pas de nouveau. Le slogan qui envoya les hommes au front pendant la première guerre mondiale était : Voici la guerre qui en finira avec toutes les guerres. A l'évidence, ce n'était pas vrai.

   Notre comportement est similaire alors même que nous essayons d'étudier la Sagesse Éternelle. De nombreuses personnes attirées par la recherche d'un chemin spirituel ressentent vivement que l'étude conventionnelle est inadéquate. Il doit y avoir quelque chose de plus profond. En réponse à ce problème, que faisons-nous ? Quand nous réalisons qu'il existe d'autres enseignements qui semblent nous procurer d'autres formes de savoir, nous changeons nos livres d'une sorte pour une autre. Nous changeons alors nos idées d'un type pour un autre, en croyant que, d'une certaine façon, glisser vers une autre forme de savoir répondra au problème que nous ressentons au fond de nous. Au niveau du savoir seul, un savoir donné n'est pas une solution. Encore une fois, nous nous retrouvons en train d'essayer de faire face au problème avec le même niveau de conscience qui a créé ce problème.

   Quelque chose d'autre doit être intégré que montrent Blavatsky et les Buts de la Société Théosophique. Les Buts évoquent la possibilité qu'il y ait un niveau d'espérience au-delà du simple savoir. Très souvent, nous sommes attachés à une chose comme l'enseignement théosophique parce que, à un niveau très profond, il éveille en nous un souvenir - quelque chose de profond dans le cœur de chaque être humain qui réussit à se dissimuler et se faire temporairement oublier. Quand effectivement nous nous souvenons, quelque chose de puissant s'enflamme en nous et nous propulse le long de ce que nous appelons ensuite le chemin spirituel.

   La Fraternité en tant qu'idée est puissante. La Fraternité en tant qu'expérience est profondément différente d'une simple idée quelle qu'elle soit. En raison de la force des habitudes acquises au cours de cette vie et des vies précédentes, nous associons la compréhension et la sagesse au savoir le moins élevé. A de nombreux égards, nous sommes spirituellement immatures et notre capacité à faire la différence entre les deux n'est pas encore développée. Cette faculté d'appréciation plus profonde qui nous éloigne de l'idée et nous rapproche de l'expérience, c'est la direction que nous indique le Premier But.
The Theosophist, octobre 2016
 

                             LES FONDATEURS

H.P.Blavatsky
& H.S. Olcott

H.P. Blavatsky (von Hahn),  est née à Ekaterinoslav (Russie) en 1831. Elle était la petite-fille par sa mère de la princesse Elena Dolgorouki et descendait par son père des princes de Mecklembourg, naturalisés Russes depuis trois cents ans. En 1848 elle épousa le vieux général Blavatsky, vice gouverneur d’Erivan : ce fut un mariage blanc. Elle s’enfuit trois mois après et son père, comprenant que cette fille étrange échappait aux règles ordinaires, lui fournit des subsides et la laissa agir à sa guise.
Traversant le Caucase elle gagna Constantinople, puis l’Egypte et la Grèce et essaya en vain de pénétrer au Tibet. C’est à Londres en 1851 qu’elle vit dans un corps physique, le Maître qui veillait sur elle depuis son enfance. Il lui apprit qu’elle était l’instrument choisi pour constituer la Société Théosophique – instrument imparfait, mais le seul utilisable à cette fin. Hélena Blavatsky partit alors pour le Canada, le Mexique et les Indes. Elle pénétrait enfin en 1864 au cœur du Tibet et y rejoignait ses Maîtres aimés. Elle y travailla plusieurs années sous la direction de la Loge Blanche, la hiérarchie des adeptes qui guident l’évolution de l’humanité. Ils l’envoyaient dans le monde occidental pour ramener les esprits à l’étude de la Vérité et de la Sagesse antique.
En 1873 les communications occultes avec les Maîtres étaient établies et elle recevait l’ordre de partir pour l’Amérique. C’est là que fut fondée à New York le 7 septembre 1875 la Société Théosophique par H.P.Blavatsky et le colonel Olcott, W.Q.Judge, Mrs Britten et onze autres membres.
« Avant que ne commence le mouvement théosophique et pendant deux mille ans, depuis la décadence de la civilisation grecque, il n’y a eu en Europe ni une synthèse religieuse ni une synthèse intellectuelle qui puisse satisfaire un homme cultivé. Vie religieuse, vie artistique, philosophique, chacune à sa façon apportait son message, mais restait isolée dans sa sphère sans que rien les rattache l’une  l’autre. H.P.B. a fait jaillir de ses écrits cette grande synthèse qui unit les parties en un tout éblouissant de lumière, d’harmonie et de vie. (G West) » La Religion, la Science, la Philosophie et l’Art forment les branches du savoir qui seront rassemblées en un seul arbre gigantesque : l’Arbre de la Connaissance. (La vie d’Annie Besant – S.GLACHANT)

Henry Steel Olcott, est née à Orange, dans le New Jersey, USA, le 2 août 1832.
Lorsqu’un homme qui s’est fait un nom comme agronome, puis comme avocat de la ville de New-York, des grandes compagnies d’assurance, de l’industrie sidérurgique, etc. : qui préside la « National Insurance Convention » chargée de rédiger la loi sur les assurances, qui est proposé comme ministre des Finances des USA, qui est le correspondant le plus en vue des grands journaux américains que le Président des Etats-Unis n’hésite pas à recommander personnellement, renonce à sa famille, à tous les honneurs et à tous les avantages pécuniaires de sa situation et s’expatrie, il faut bien admettre que ce qui l’inspire est pour lui la Vérité.
    Sa passion semblait être d’exprimer ce qu’il voyait et ressentait avec une grande précision et sans complaisance. Aussi n’hésite-t-il pas à présenter H.P.Blavatsky, l’autre fondateur de la S.T. avec ses défauts, ses bizarreries, ses sautes d’humeur, son humour aussi et à mettre en garde contre l’adoration qu’on pourrait être tenté de lui porter. Cette impartialité est pour beaucoup une garantie de la véracité des propos du Colonel Olcott concernant les pouvoirs psychiques de H.P.Blavatsky.

Ce qui frappe dans cet homme honnête, loyal, doué d’un grand sens commun, généreux, fidèle et humoriste, c’est que toute son activité est un œuvre de pionnier : première incinération en Amérique, sous les sarcasmes d’une partie de la presse, première exposition de produits indiens, créateur d’écoles, de sociétés, de bibliothèques hindoues, élaborateur d’un plan technique à Baroda, éditeur de journaux pour enfants hindous, promoteur d’une Société de la femme indienne, créateur d’écoles pour hors castes, défenseur des hindous persécutés à Ceylan, sans parler de toutes ses œuvres pour vivifier l’étude du sanscrit et insuffler la fraternité dans les religions orientales et autres.

SUCCESSEURS ET PERSONNAGES MÉMORABLES:

Annie Besant
Annie (Wood) Besant est née le 1er octobre 1847 à Londres.  C’est le troisième personnage qui nous apparaît, lui aussi, comme un être tout à fait exceptionnel.
Tous les  problèmes sociaux sont familiers à Annie Besant. Elle est coéditeur du National Reformer,  membre du parti travailliste, des trade-unions, etc. Avec Hebert Burrow elle défend les intérêts des employées des fabriques d’allumettes dont le sort est particulièrement terrible. Elle est à la tête des mouvements en faveur du suffrage féminin, de l’égalité des droits de la femme et de l’homme. Elle participe aux discussions concernant les méthodes nouvelles d’enseignement : elle s’occupe des problèmes de logements, des repas scolaires, de l’abolition du travail à la tâche, de la réforme pénale et pénitentiaire, de l’antivivisection, etc. A lire cette énumération et à constater l’évolution actuelle de ces problèmes, on mesure le courage qu’il a fallu pour les aborder déjà dans la seconde moitié de l’avant dernier siècle.
   Annie Besant prend ainsi contact avec toutes les misères du monde. Elle s’incorpore à elles et c’est ce qui lui permettra toujours de parler avec l’autorité que donne l’expérience.
   Lorsqu’en 1889 le voile se déchire et que la théosophie lui apporte l’explication fondamentale des problèmes qu’elle cherche à résoudre, elle quitte le matérialisme,
 et toute la moisson d’expériences humaines qui est sienne, et la met avec ardeur et même avec passion, à la disposition des œuvres spirituelles et philanthropiques qu’elle entreprend.
  C’est par amour de l’homme concret qu’Annie Besant mystique abandonna sa foi chrétienne pour le servir dans le socialisme. Et c’est par amour de la spiritualité concrète qu’Annie Besant politicienne quitta le socialisme pour la Théosophie. La Théosophie n’a jamais été pour elle une théologie abstraite, objet d’une foi intellectuelle et affective, mais une synthèse biologique de l’esprit, une science, héroïquement expérimentée en elle-même et appliquée en tout instant, de cette vie divine, humanisée en nous, que théologies, philosophies et sciences se représentent diversement, et dont toutes nos histoires retracent le progrès.
Ce qui a attiré Annie Besant à la Théosophie n’était pas l’ampleur de son intuition métaphysique, c’était l’expérience, pressentie bien avant sa rencontre avec Mme Blavatsky, de la spiritualité, naturelle en même temps que divine, et concrète, qui est la vie de tous les hommes, et la conviction du droit qu’ont tous les hommes au service de ceux qui ont acquis la science de son évolution. 
La narration de ses luttes en faveur de l’Inde exigerait tout un volume. Le travail qu’elle fit pour la théosophie est incommensurable. Elle voua tous ses efforts aux recherches occultes, à l’enseignement, à la diffusion : dès qu’elle fut présidente, elle sembla avoir le don d’ubiquité – comme du reste presque tous les autres présidents. On la voit dans toutes les sections. Elle crée de nombreux mouvements sociaux et éducatifs.
On a dit d’elle qu’elle fut le plus grand orateur de son siècle. Son portrait serait incomplet si l’on n’ajoutait qu’elle a publié pas moins de 340 livres et brochures.

C.W.Leadbeater

C.W. Leadbeater, née le 17 février 1847 à Northumberland (Angleterre), a consacré, lui aussi, toute sa vie à la théosophie. Il a été le fidèle compagnon d’Annie Besant et l’instructeur de très nombreux théosophes, dont J. Krishnamurti. L’un de ses titres de gloire est sans doute de nous avoir, par ses nombreux livres, appris à connaître mieux la mort, les plans subtils, l’aura, etc.
   Cet occultiste nous a surtout appris le côté caché de la nature, l’ésotérisme des cérémonies religieuses et autres. Ses commentaires sur Aux pieds du Maître, etc., en collaboration avec Annie Besant, doivent être connus de tous ceux qui ont le tempérament mystique et qui désirent avancer dans la voie du disciple.
   Incalculable est le nombre de ceux dont la vie a été modifiée après lecture de ses ouvrages.
Ses derniers mots furent : « carry on » que l’on peut librement traduire par: « maintenez haut le flambeau ».

Jiddu Krishnamurti

J. Krishanmurti est né le 11 mai 1895 à Mandanapalle (Andhra Pradesh, Inde) de parents brahmanes mais peu fortunés. Un huitième enfant traditionnellement voué au Seigneur Krishna, Krishnamurti fut remarqué par des théosophes de Madras comme étant un enfant totalement dénué d’égoïsme. Très rapidement, Mme Annie Besant, alors Présidente de la Société Théosophique, l’adopta, l’entoura de personnalités de valeur qui le préparèrent en vue d’une visite qu’il fit en Angleterre en 1911, accompagné d’un frère plus jeune, très aimé. Plus tard il revint à Londres et y reçut une éducation générale assez poussée. Possédant l’anglais et le français, il commença, après la Grande Guerre, à devenir actif au sein de la mouvance de la Société Théosophique.
Être délicat et rempli de tact, Krishnamurti ne voulait d’aucune manière imposer à son auditoire la forme de son discours. D’où cette insistance à solliciter de cet auditoire, quel qu’il fut, une participation toujours accrue à l’étude qu’il conduisait avec lui. Are we together ? « Sommes-nous bien ensemble ?… Ce n’est pas la personne qui parle qui fait seule le travail ; c’est tous ensemble que nous avançons dans le sujet. » Ces remarques, il en ponctuait ses causeries, comme des rappels pour une plus grande vigilance de la part de l’auditeur, qui, toujours, a trop tendance à se laisser bercer par l’écoute et ainsi « reçoit la pluie » au lieu d’être lui-même à la fois la pluie et le terrain à irriguer.
Comme beaucoup d’êtres d’exception, c’est encore relativement jeune que les grandes lignes de son enseignement furent clairement formulées ainsi que le prouvent les conférences, les séminaires, les causeries qu’il donna jusqu’en 1929 ; en quelques mots celui-ci peut se résumer comme suit : se libérer des contraintes engendrées par l’appartenance aux races, nationalités, religions, classes, traditions, éducation, mais aussi annihiler la personnalité dont un des reflets majeurs est l’égoïsme, rechercher inlassablement la Vérité…et devenir par son propre entendement, son intuition, son éthique, ce que toute homme devrait être : un homme libre, autrement dit, un adulte.

Alfred Percy Sinnett (1840-1921)
Depuis 1872, A.P.Sinnett était Directeur du journal The Pioneer, quotidien le plus influent des Indes à cette époque, lorsqu’il apprit l’arrivée à Bombay, le 17 février 1879, des Fondateurs de la Société Théosophique, Mme Blavatsky et le colonel Henry Steel Olcott.
Très rapidement un contact fut établi et son nom devint intimement uni aux deux déjà cités. Ce fut chez les Sinnett, à Allahabad ou à Simla, que se produisirent les phénomènes que nous trouvons décrits dans « Le Monde Occulte ». L’ardent désir de  A.P.Sinnett fut de pouvoir échanger une correspondance avec les « Maîtres » de Mme Blavatsky. Celle-ci lui facilita ce contact et il en résulta un long échange épistolaire entre 1880 et 1884, échange qui permit d’une part l’exposition des enseignements contenus dans ces Lettres, ce fut « Le Bouddhisme Esotérique » qui parut en 1883, et d’autre part, mais après son décès survenu en 1921, la publication « verbatim » des « Lettres » elles-mêmes.
Président de la London Lodge, il devint, par deux fois, Vice-Président de la Société Théosophique mondiale.
Lorsqu’il adhéra à la Société en 1879 il jeta le poids de son autorité et de son prestige dans l’aventure entreprise par Mme Blavatsky et le Colonel Olcott. Il le fit avec un courage que nous apprécions difficilement aujourd’hui étant donné la position de premier plan qu’il occupait dans les sphères anglaises de l’Inde.

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